| NOËL 2011 |
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Notre petite entreprise à l'épreuve de la crise.
Qu'il paraît loin le temps où Franklin D. Roosevelt investissait massivement dans la culture pour passer le cap de la grande dépression des années 30. Formidable impulsion qui permit alors de produire des milliers de concerts et de remplir les salles obscures à la découverte des chefs-d'œuvre du cinéma.
Aujourd'hui le verbe tient lieu de volonté. Ah ! S'il pouvait se muer en euros sonnants et stimulants, nous en tapisserions nos scènes et nos salles, et tendrions pour nos artistes un vélum d'or créateur !
La parole ne coûte rien et nul ne l'épargne : « Je veux que la culture soit la réponse de la France à la crise économique mondiale ! » Quel imprudent idéaliste nous a régalés de cette belle espérance en février 2009 ? Nicolas S., reprise au bond par François H. en octobre 2010 : « La culture fait aussi partie de la sortie de crise », puis rallumée par « le nouveau printemps pour la culture » de Martine A. à l'été 2011.
Que nous sommes gâtés !
Comme je ne me sépare jamais de mon petit "Nietzsche sans peine", j'y ai une fois encore puisé matière à sagesse et tempérance : « L'art et rien que l'art, nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité ».
L'art comme transmutation d'une vérité - toujours plus âpre à beaucoup d'entre nous - et non comme divertissement anesthésiant ou même comme un moyen de produire de la richesse – dût-elle doper nos exportations.
Puissent les collectivités territoriales – Mécène ou Borgia des temps modernes – et nos vaillants soutiens locaux résister longtemps à la vérité.
Bertrand Périsson
Président du FDL |